Ce vendredi 22
juillet 2005 restera l’un des plus tristes dans
l’histoire de la presse algérienne. La nouvelle
froide et malheureusement vite confirmée tombe aux
alentours de 13h. “Nabil est mort, Nabil est mort
!”, criera Ouahab affolé, abattu, les yeux rougis
par les larmes. “Non ! ce n’est pas vrai !”
tentera-t-il de se consoler. Hélas, la nouvelle
est têtue. Nabil vient de succomber à une crise
cardiaque vendredi matin à l’hôpital de Baïnem
(sur la côte ouest d’Alger). Une nouvelle qui
attriste en un temps éclair toute la maison de la
presse Tahar-Djaout à Alger, lieu habituel de
Nabil. Et pour cause, la veille même, beaucoup
d’entre nous l’ont vu, ont discuté avec lui. Il
était, mercredi et jeudi derniers, égal à lui-même
: bien portant, très chaleureux avec ses amis bien
que paraissant réservé pour tous ceux qui ne le
connaissaient pas. Nabil Belghoul en quelques mots
? C’est simple : il est l’un des plus grands
reporters-photographes de presse algériens. A 31
ans à peine, il aura laissé derrière lui un
parcours et une œuvre que peu d’entre ses
confrères peuvent prétendre lui égaler. C’est à
l’âge de 17 ans qu’il entame sa carrière de
photographe au quotidien Le Matin. Et, de suite,
l’épreuve de feu et de sang que le terrorisme
impose au pays forgera vite ce frêle adolescent.
Durant cette période noire, Nabil est partout pour
faire montrer au monde entier toute la sauvagerie
de l’intégrisme. Au péril de sa vie et dans des
conditions peu amènes, Nabil a fait balayer par
son zoom toute l’Algérie. L’Algérie des massacres,
des assassinats, de la misère, de la délinquance,
mais pas uniquement. Nabil a aussi immortalisé la
beauté : l’Algérie qui résiste, qui vit. La
silhouette de Nabil est très familière à la classe
politique, sportive, artistique, etc. Ses qualités
professionnelles et son souci permanent l’ont
amené, quasi naturellement, à fonder, avec Ouhab
Habat, son complice et ami de toujours, l’agence
de photos de presse New Press en 1998. En
parallèle, il est sollicité de partout : il
travaillera dans plusieurs journaux nationaux et
étrangers. Il est également photographe attitré de
prestigieuses agence de photos internationales
telles que CIPA et AP. L’agence américaine AP aura
d’ailleurs été le dernier combat de Nabil. Pour
avoir sa nouvelle accréditation, Nabil attendra
longtemps, vainement. Sur instructions “venues
d’en haut”, c’est-à-dire de la présidence, le
ministère de la Communication s’y oppose, pour
cause, avec acharnement. Repose en paix,
l’ami... Kamel Amarni
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